JOÃO FREITAS
Opening Sunday, April 19, 2—6pm
Exhibition dates: APR 9 — MAY 2, 2026
Open hours: THU — SAT, 2pm — 6pm
Also open by appointment or by chance
LAGE EGAL [RIVOLI]
Rivoli Brussels #28
Chaussée de Waterloo 690
1180 Uccle, Belgium
Contact: Pierre Granoux +49 1731807226
sonderlage@lage-egal.net
Les œuvres présentées ici procèdent d’un geste simple : retirer pour faire apparaître. JOÃO FREITAS travaille à partir de matériaux rejetés par l’industrie de l’emballage, notamment des papiers composites et des surfaces issues du Tetra Pak. Ces supports, conçus pour la circulation rapide des marchandises, deviennent des champs d’intervention. Leur fonction initiale est neutralisée. Leur surface est rouverte.
Gratter, user, décaper : le travail ne s’ajoute pas à la matière, il la soustrait. Chaque intervention enlève une couche, amincit la surface, révèle une structure sous-jacente. Ce qui apparaît n’est pas une image appliquée, mais une image extraite. Le visible est le résultat d’une perte. Le dessin naît du retrait.
Les œuvres fonctionnent comme des palimpsestes matériels. Les strates industrielles — papier, colle, film, aluminium — forment une mémoire comprimée de la production, de l’usage, de l’obsolescence. En attaquant la surface, l’artiste ne cherche pas à restaurer une origine, mais à rendre lisibles des couches successives de transformation. La surface devient une archive de gestes, de frictions, d’usures.
Ce qui se joue ici est de l’ordre de l’infra-mince : des écarts presque imperceptibles entre deux couches, des différences de densité, des variations de résistance, des seuils de visibilité. L’image se tient dans cet intervalle — ni totalement effacée, ni pleinement affirmée.
Les œuvres peuvent se lire comme des cartes sans territoire. Des topographies de surface, où les traces ne renvoient pas à un paysage extérieur, mais à l’histoire interne du matériau lui-même : ses couches, ses faiblesses, ses points de rupture. La cartographie ne décrit pas un monde, elle enregistre des opérations.
Withdraw / Draw : retirer pour tracer. Le retrait contient déjà le dessin. L’image n’est pas produite par addition, mais par abrasion. Ce qui reste fait forme. Ce qui disparaît rend visible.
Ici, la surface n’est plus un écran. Elle est un lieu de travail, de résistance et de mémoire.